Alepia : quand le savon d’Alep trouve une seconde vie en France

HISTOIRES DE MARQUES

10/15/20262 min temps de lecture

Une rencontre autour d'un savon ancestral

L’histoire d’Alepia commence en 2004, lorsque Samir Constantini, médecin biologiste d’origine syrienne installé en France, décide de faire découvrir le savon d’Alep, un produit qui lui rappelle son enfance.

Sa particularité ? Une fabrication traditionnelle à partir d’huile d’olive et d’huile de baies de laurier, dont les techniques se transmettent depuis des générations.

En 2007, Samir rencontre Hassan Harastani, maître savonnier syrien ayant appris son métier auprès de son père. Ensemble, ils imaginent un projet : développer la production de savon d’Alep et faire connaître cet artisanat au-delà de la Syrie.

Mais leur aventure va prendre une tournure inattendue.

Une savonnerie détruite, un savoir-faire préservé

Les deux hommes préparent l'ouverture d'une savonnerie près d'Alep. Avant même son inauguration, la guerre frappe la région et le bâtiment est bombardé.

Contraint de quitter la Syrie, Hassan Harastani trouve d’abord refuge au Liban avec sa famille.

Samir Constantini l’aide ensuite à rejoindre la France. En 2015, le maître savonnier s’installe à Santeny, dans le Val-de-Marne, où il reprend son métier au sein d’Alepia.

Loin de sa ville natale, Hassan retrouve ses chaudrons, ses huiles végétales et les gestes qu’il maîtrise depuis des décennies.

Cette nouvelle savonnerie devient alors bien plus qu’un lieu de production : elle permet à un artisan de poursuivre son métier et de transmettre un patrimoine culturel menacé par la guerre.

Le secret du savon d’Alep : le temps et la patience

Contrairement à de nombreux savons industriels, la fabrication traditionnelle du savon d’Alep repose sur un processus particulièrement long.

Les huiles sont travaillées à chaud, puis la pâte est étalée, découpée et marquée du sceau du savonnier. Les cubes sont ensuite laissés à sécher pendant plusieurs mois.

Au fil du temps, leur surface brunit naturellement tandis que leur cœur conserve une teinte verte.

Ce savoir-faire dépasse largement la simple fabrication d’un cosmétique. Il représente un héritage culturel reconnu en décembre 2024 par l’UNESCO, qui a inscrit l’artisanat du savon Ghar d’Alep au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Alepia, une marque française aux racines syriennes

Aujourd’hui, Alepia propose des savons traditionnels ainsi que différents soins pour le visage, le corps et les cheveux.

Si l’entreprise est française, tous ses produits ne sont pas fabriqués dans l’Hexagone. Certaines références proviennent toujours de Syrie, tandis que d’autres sont élaborées en France.

Cette distinction est importante : l’origine d’une marque, son lieu de fabrication et la provenance de ses ingrédients ne sont pas nécessairement identiques.

L’origine à la loupe

  • Marque : française, fondée en 2004.

  • Savoir-faire : issu de la tradition savonnière syrienne.

  • Fabrication : France ou Syrie, selon les références.

  • Ingrédients emblématiques : huile d’olive et huile de baies de laurier.

  • Origine agricole des huiles : à vérifier pour chaque produit.

Pourquoi découvrir Alepia ?

Parce que derrière cette marque se trouve bien davantage qu’un savon.

Alepia raconte comment la rencontre de deux hommes a permis à un artisan de poursuivre son métier malgré l'exil. Une histoire où la fabrication française et l’héritage syrien ne s’opposent pas, mais se rencontrent.

Un rappel précieux : derrière certains produits du quotidien se cachent des histoires et des savoir-faire qui méritent d’être transmis.